“Les Arts(phabets) du récit” et Modibo sous la plume de Papa Malick

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Après “Racines”, Papa Malick, accueilli de l’association Apardap, nous parle de “Modibo, l’indispensable fou”, ainsi que de la signification particulière qu’il voit dans le mot “Récit”…

Raconter de mille et une façons des récits, rire, remonter le temps, puiser à la source les récits racontés.

Ecrire pour raconter des histoires. Ecrire pour traverser les espaces. Ecrire pour sentir le temps qui passe. Ecrire avec ses doutes, ses peurs, ses interrogations, ses émotions. Ecrire pour transformer les maux en mots

Conter en mille et un caractères des récits d’ici et d’ailleurs, jouer, jongler avec les mots comme des puzzles

Imaginer, inspirer, initier, improviser, immortaliser

Textes qui suspendent le temps, voyager avec ses contes, transmettre, tailler les mots, les arrondir avant de les sortir

Pacos & Oboreal : Modibo ou l’indispensable fou

On entre dans une salle qui ressemble à une soucoupe volante ; on se sent suspendu dans l’espace ! Les couleurs noire, rouge et bleu se mélangent dans une lumière hypnotisante qui nous projette sur la scène. Des poufs rouges sur les murs ! On embarque dans une ambiance renversante avec des histoires de fous sur fond de sonorités modernes et anciennes, d’instruments traditionnels qui viennent déranger le conteur dans sa sieste.

II nous invite dans un voyage initiatique dans l’espace. La parole remonte le temps. Notre ombre nous suit comme un miroir dans ce parcours. On se laisse emporter par ce récit. On suit Modibo dans sa marche. Pas après pas, iI nous renvoie à notre propre ignorance. L’arrogance et la suffisance laissent place à l’humour, la finesse des répliques et la subtilité du verbe. Riche, puissant, savant… et quel que soit l’étendue de nos connaissances, on se heurte à notre propre absurdité. On aimerait voyager avec lui ; être à sa place ; se passer pour fou pour tout dire, tout oser, être libre sans heurter la liberté des autres, labourer son champ comme on veut sans piétiner celui du voisin. Se sentir libre pour dire ce qu’on pense, sans filtre, sans chercher à plaire, oublier parfois les anaphores, les métaphores, les cataphores… ponctuation ou syntaxes. Faire fi des figures et garder son propre style.
Semer ses « graines de folie » dans son propre champ sans se soucier du grain de sel qui pousse dans le champ voisin. De la folie naissent parfois les génies…
Avec Modibo, le petit fils et l’âne, on avait l’impression de marcher sur la tête. A la fin du conte, on ne savait plus qui devait porter le bonnet d’âne !

Un conte subversif et hilarant. II bouscule les lignes de la normalité et déplace le curseur de l’absurde. Le « fou » n’est pas forcément l’idiot du village. La sagesse n’est pas toujours là où on l’attend.
On sort de ce spectacle, l’esprit aéré et libéré des « Qu’en dira-t-on ». Folklore, couleurs, lumières et rires en pleine figure…

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