Néfissa Bénouniche

Il parait que ce serait elle qui a déclenché la guerre d’Algérie, c’est son père qui le lui a dit. Mais comme ça faisait beaucoup de bruit, il l’envoie à Fez la jolie. Elle y retrouve Mamaha, sa pieuse arrière grand mère, qui lui transmet sa part de folie, sa gourmandise, et un secret de famille contre l’exil et les insomnies : de cinglantes histoires venues de Kabylie, en arabe, pardi. On l’envoie à l’école. Tant pis, sa langue l’oublie.

Héritage des colonies, c’est en français qu’elle parle et lit. Dans la bibliothèque de papi et mamie, elle découvre Mardrus et l’intégrale des mille et une nuits. Sans vraiment tout comprendre, ça lui donne plein d’envies. Gourmande et forcément décalée, cette incorrigible bavarde d’origine algérienne garde de son pays un goût irrésistible pour les mélanges insolites de saveurs, et une question têtue sur les identités culturelles.

Elle sait nous faire aimer les histoires étranges, venues d’un temps que l’on croyait perdu, celui des mythes fondateurs. Ces histoires-là ne flattent ni notre raison, ni notre bon sens, mais c’est pourtant dans ces profondeurs hypnotiques que se révèle notre humanité sauvage et merveilleusement rebelle.

On ne sera pas étonné de croiser chez cette conteuse des histoires Amérindiennes, Kabyles, Inuits, Arabes, Japonaises… tout comme des chants traditionnels dans des langues que plus personne ne caresse.

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