Gérard Potier

Gérard Potier naît prématurément en Vendée  un jour de marché  en 1960, à cause d’une panne de mobylette de sa mère partie à la ville chercher une bouteille de gaz. Elle dut finir le chemin à pied. En ce temps-là on n’appelait pas son homme pour tout et rien. On se débrouillait.

A sa naissance, on lui donne le prénom de son père comme si un traumatisme ne suffisait pas. Très vite sa mère décide de le surnommer le p’tit Gérard, car dit elle quand j’en appelle un c’est jamais le bon qui répond. En 1968, alors que la « chienlit » gagne du terrain partout on l’envoie avec ses copains d’école faire une procession avec brancard, sainte vierge, archevêque et toute la bigoterie pour  inaugurer un nouveau calvaire. Depuis, lui aussi tente de solder l’héritage de mai 68. L’été de ses 15 ans, premier boulot. Ramasseur de suif à l’abattoir municipal. Ses copains sont serveurs sur la côte, alors forcément pour séduire les filles…le p’tit Gérard va prendre du retard. Première paye, premier compte en banque et premier découvert. Son père vient d’acheter un nouveau tracteur et la banque a confondu les deux prénoms et les deux comptes.

Jeune adulte, la passion du théâtre grandit, mais il pratique encore en amateur et il faut faire un choix pour l’avenir. Il ne se sent pourtant pas l’âme d’un employé, vissé à son poste jusqu’à la retraite. Gérard tentera toutefois une carrière dans la banque, mais n’y passera que 5 années. L’appel des planches est trop fort. Nous sommes alors dans la France des années 80. Celle de Mitterrand et de Jack Lang et où on développe la démocratisation culturelle. Le jeune comédien en profite pour se lancer, et intégrer par la suite le Réseau National du Conte et des Arts de la Parole.

À l’époque, il travaille beaucoup à Fontenay-le-Comte et c’est là qu’il jouera son premier spectacle en tant que professionnel. Il y fera aussi des rencontres, notamment l’accordéoniste Gérard Baraton, qui l’accompagnera plus tard sur plusieurs de ses spectacles. Au début des années 90, il créera Le Bazar Mythique, sa propre compagnie. Une autre rencontre a été déterminante pour Gérard Potier, à La Roche-sur-Yon cette fois, avec Alain Sabaud, disparu en 2015.

Au fur et à mesure que sa carrière avance, Gérard Potier développe son propre style. À partir de son vécu mais aussi des histoires qu’il collecte.

Aujourd’hui, en plus de tourner dans le monde entier comme comédien avec la pièce de Joël Pommerat, Gérard Potier travaille à son nouveau spectacle. Une transposition au plateau du livre de François Beaune « Une vie de Gérard en Occident ». Un roman réalisé à la suite d’une résidence de l’écrivain au Grand R à La Roche, et qui a collecté des histoires populaires dans tout le département.

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